Nouvelle reconstruction


Nouvelle reconstruction

Enfin, en octobre, Reims est délivré !
Le 11 novembre, l’armis­tice est signé !
A la joie patriotique s’ajoute l’espoir de retrouver bientôt la petite patrie champenoise.
Toutes les pensées de la Révé­rende Mère se concentrent dès lors sur cet objectif:
revenir à Reims, reprendre la mission d’apostolat dans le diocèse.
Pour cela, dès le 2 janvier 1919, Mère Sainte Angèle entreprit le pénible voyage de Reims.
Que de larmes elle versa sur les amoncellements de pierres, de poutres calcinées,
de ruines accumulées dans le vaste espace qui était jadis le couvent !

Elle poursuivit son voyage dans les Ardennes dévastées
et porta le réconfort de sa parole et de son affection
à ses sœurs restées pen­dant quatre ans
sous un régime de privations et de vexations.

Son énergie croissant avec les difficultés,
secondée par l’inlassable dévouement de Sœur Assistante,
elle décida de faire déblayer immédia­tement les ruines ;
quelques religieuses furent rappelées de Courtalain.

Le Noviciat revint bientôt au berceau,
dans l’immeuble de la rue Gambetta sommairement réparé.
Quelques mois plus tard, la Communauté quittait complètement Courtalain
et se réfugiait à Maubert-Fontaine (Ardennes),
pour y attendre la reconstruction de la Maison Mère de Reims.

Quand on considère l’immeuble actuellement relevé,
on ne peut sans en avoir été témoin,
se rendre compte de ce qu’était la vie de 1919 et 1920, au milieu des décombres,
dans une ville détruite et à peine ravitaillée.
Peut-on imaginer ce que la reconstruction a coûté de soucis, de déboires,
de labeur à celles qui en avaient entrepris la lourde tâche ?

La pauvre chapelle sans toit, sans voûte,
exposée depuis quatre ans aux intempéries, menaçait ruine,
et l’on ne pouvait obtenir d’in­demnité pour sa reconstruction immédiate.
Le maître-autel, avec ses fines sculptures de style flamboyant,
l’autel de la Sainte Vierge, qui avaient échappé à l’incendie de 1917, se dégradaient.
Amis de la Maison et religieuses en gémissaient !
On décida d’ouvrir une sous­cription.
Les anciennes élèves, dans un bel élan, furent les premières à y inscrire leur nom.
Le dévouement des Sœurs, pendant la guerre,
leur avait assuré de nombreuses sympathies ;
aussi les petites feuilles du « Toit de l’Enfant Jésus»
avec leurs ardoises, clous et chevrons furent accueillies
un peu partout, en France et en Amé­rique.
Et la chapelle eut son toit et sa voûte.
Les travaux furent terminés en 1922.

La chapelle a retrouvé à peu près son ancienne physionomie,
mais c’est une mutilée de guerre.
Plus de vitraux, plus de clocher, plus de joyeux carillons !
et ses murs gardent jours et cicatrices.
Dans l’atmosphère du saint lieu plane toujours le souvenir de tant de héros
qui ont prié sous ses voûtes avant d’aller à la mort.
L’épée du Lieutenant Meffe, tombé devant Verdun en 1916,
rappelle un vrai soldat et un ferme chrétien.

Partageant le bonheur de la Congrégation, sa Grandeur Mgr Neveux, l
e supérieur si dévoué des heures tragiques,
célébra le 4 juil­let 1922 la première messe solennelle
pour les Bienfaiteurs et pour l’Association des Anciennes Elèves,
heureuses de se retrouver enfin dans ce sanctuaire béni.
Mais la joie de cette première fête ne pou­vait être complète,
puisque Mère Sainte Angèle, l’ouvrière infati­gable de la première heure n’était plus là.
Dieu l’avait rappelée à Lui avant qu’elle pût jouir du fruit de ses labeurs.

« Le ciel s’éclaircissait, la Maison de Reims se relevait,
le Novi­ciat se peuplait de généreuses recrues.
La Supérieure avait le droit d’espérer, et voici que subitement, le 23 janvier 1922,
Dieu la rap­pelait à Lui, comme si son lot eût été de souffrir. »
(Mgr Neveux).

Après avoir partagé ses lourds soucis pendant la guerre,
Mère Sainte Victorine, héritière de sa charge, 

continua l’œuvre laborieuse de la reconstruction,
avec le concours précieux de Sœur Sainte Isabelle, assistante.



Le vaste immeuble en quadrilatère fut rebâti sur les anciens plans,
mais avec les modifications nécessaires
pour l’instal­lation d’une polyclinique, d’une Maison de Famille, etc…

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