Récit de Soeur Jean (Suzanne Lux )

 Histoire vécue : récit de Soeur Jean

          En 1906, le pensionnat de l’Enfant Jésus fut fermé.
La Maison aurait été prise par l’Etat,
mais la Congrégation était reconnue à la fois enseignante et hospitalière.
Aussitôt le départ des élèves, en juillet 1906,
tout fut transfor­mé en l’état actuel
et une dame pensionnaire arriva.- en octobre ;
Saint Symphorien ouvrait dans la rue du même nom, avec Mademoiselle Amet,
et tout le person­nel était des Soeurs de chez nous, en civil.

          Je restais comme surveillante, en 1908 (j’avais 16 ans)
et maîtresse li­bre (laïque) jusqu’en 1912.

         La Communauté n’avait plus le droit de recevoir de novices pour l’enseignement.
Il y en avait d’ailleurs juste deux : Sœur Berthe et, je crois, Sœur Marie de la Croix.
Les Supérieures décidèrent d’avoir un noviciat dans la sécu­larisation.
Avec Mère Sainte Angèle et Monseigneur Neveux,
le très dévoué Supé­rieur de la Congrégation.

 
En octobre 1912, j’entrai à la Congrégation, mais rue Saint Symphorien.
A Pâques 1913, Juliette Arend – Soeur Sainte Madeleine – vint me rejoindre.
Pour s’agrandir, la Maison loua l’ancien couvent
des Sœurs de l’Assomption, rue du Marc.
C’est là que, la guerre éclatant, le pensionnat fut bombardé et in­cendié.
Le groupe des Soeurs, celles qui n’avaient pas quitté,
avec l’autorisation de Monseigneur Neveux
(qui faisait le trait d’union avec la Maison Mère),
partit à Ay, chez Madame Cospin, – Sœur Sainte Tharsile -,
tante de Sœur Sainte Julie
– sauf moi qu’on renvoya dans ma famille
(je faisais trop jeune, paraît-il, et on redoutait les Allemands !…),
et j’étais à un mois de mes premiers Vœux.

       Je vins souvent « au 48 », comme on disait,


et quand Sœur Sainte Angèle al­lait visiter ses écoles dispersées,
elle me prenait comme compagne.
 En 1915, je retournai rejoindre le groupe à Ay.

       On faisait la grande retraite annuelle à Châlons
où la Congrégation offrit un asile
à la Maison-Mère, notre cher « 48 » étant aussi incendié.

       1917 – Puis le « groupe » dirigé par Sœur Sainte Eulalie
(Mademoiselle Amet était retournée dans sa famille),
reprit un pensionnat à Châteauneuf-en-Thymerays (Eure-et-Loir).

       En 1919, le pensionnat revint 94 avenue de Laon, où il est toujours.
J’avais donc refait un an de noviciat à Ay et à Châlons.
Mes premiers Vœux, le 8 septembre 1916.

      A cette époque, on faisait dix ans de Vœux annuels.
J’ai fait mes Vœux per­pétuels en 1926, dans la chapelle actuelle.

 

       Pendant que l’on reconstruisait la Maison Mère,
nous allions faire la gran­de retraite annuelle avec la Supérieure Générale,
Soeur Sainte Angèle, plusieurs fois chez les « Dames du Purgatoire », rue Buirette,
et même rue Cazin, là où est maintenant la Maison Saint Philippe, pour les prêtres.

       En temps ordinaire, on communiquait par lettre avec la Supérieure Générale,
ou une à la fois rue du Barbâtre.
Monseigneur Neveux, que l’on pouvait voir très, très facilement,
servait beaucoup de trait d’union.
La Supérieure Générale venait aussi nous voir à la dérobée,
une personne passe assez facilement inaperçue.

Soeur Jean (Suzanne Lux )

Novembre 1983

 
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